Ushuaia randonnée chien roadtrip

Magnifique, sublime, hors du commun. On manque de mots pour qualifier Ushuaïa. Ushuaïa et ce qu’on y a vécu. L’impression d’être ailleurs. Littéralement au bout du monde, on pourrait même croire qu’on est déjà sur une autre planète. Une semaine qu’on gardera longtemps en tête, et déjà une envie d’y retourner pour profiter encore des paysages, de l’ambiance, de ce quelque chose qui rend cet endroit unique… Dans cet article, on vous livre nos impressions et on vous parle de nos randonnées dans la ville la plus au Sud du monde.

L’arrivée à Ushuaia

Descendre à Ushuaïa depuis l’Argentine, ça veut dire emprunter la Ruta 3. Comme une introduction, un prélude à ce qui vous attend. Cette route de plus de 3000 km de long vous emmène du désert Patagonien aux steppes et aux forêts Magellaniques. Une route toute droite, qui se perd à l’horizon. Une route peut-être moins mythique que la route 66, mais pourtant tellement belle. Elle laisse le temps de rêver, d’imaginer ce qu’on découvrira sur place. On la parcourt accompagnés par le désert, les montagnes au loin, le ciel bleu et le vent qui souffle tellement fort qu’il faut bien être cramponné au volant pour poursuivre sa traversée. Et on y aperçoit des guanacos, des armadillos, des renards gris et toute sorte de rapaces au bord des routes. Comme une introduction, un prélude à ce qui vous attend.

Pour rejoindre Ushuaïa, il faut aussi traverser la frontière avec le Chili, après Rio Gallegos. Et ensuite prendre le bateau pour traverser le détroit de Magellan, un bateau capable de transporter une trentaine de voitures et qui assure la traversée toute la journée, toute les 30 minutes à peu près. On emprunte ce ferry avec notre van et on monte sur le pont pour apprécier la vue.

Tu vois ce que je vois? C’est… Des dauphins!!!

Énorme surprise, on est suivis par des dauphins de Magellan, noir et blanc, qui semblent jouer dans les remous du bateau. Ce qu’on croyait n’être qu’une simple traversée se transforme en spectacle, et on est complètement ébahis par ce qu’on voit. On prend le temps d’apprécier ce moment. On s’amuse à essayer de les prendre en photo, en vidéos, mais c’est surtout dans nos têtes qu’ils vont rester. On reprend la route, des étoiles pleins les yeux. Comme des enfants à qui on a fait une super surprise. Comme des voyageurs qui découvrent le monde.

Dauphin de Commerson - Détroit de Magellan
Crédit photo : la route des Andes 2015

Une route magique pour une destination fabuleuse?

Avant de rejoindre Ushuaïa, il nous faut re-traverser la frontière, pour revenir en Argentine. Une rapide pause par Rio Grande pour faire le plein nous permet de croiser un couple de français en roadtrip, qui remonte de notre destination. Ils nous expliquent que la route est vraiment sympa, mais ne disent rien sur Ushuaïa, rien d’autre que « vous verrez ».

Et à peu près 80km plus loin, le paysage se transforme. On quitte le désert pour entrer dans la forêt. Dans une forêt comme on en a jamais vu. Les arbres sont couverts d’une drôle de mousse et les troncs sont presque blancs. On remarque aussi beaucoup d’arbres, de troncs, de branches par terre. Entre deux pans de forêts, la plaine. Une plaine verdoyante, parcourue par des rivières sinueuses. Et les montagnes, à perte de vue, au loin. Elles se rapprochent au fil des kilomètres, et on découvre aussi des lacs immenses. Les couleurs sont magnifiques. On est déjà sous le charme.

On est à Ushuaïa! Au bout du monde!

Enfin on arrive à Ushuaïa. Devant les deux petites tours à l’entrée de la ville qui nous signalent qu’on est bien arrivés, on est tous les deux euphoriques. Hyouki, à l’arrière, ne réalise pas vraiment, et pourtant elle en profitera bien aussi!

On fait nos premiers kilomètres au bout du monde pour découvrir les environs, sous un ciel chargé. Une ambiance surprenante se dégage de la ville. Elle est pleine de contraste. Une très grande zone portuaire et industrielle qui nous surprend, mais un vrai respect pour la nature qui l’entoure. D’énormes bateaux de croisière remplis de riches touristes, qui côtoient des backpackers pleins les rues. Un centre hyper touristique, mais ce qui ressemble à des bidonvilles sur les hauteurs. La mer à perte de vue, et des montagnes tout autour. La ville est pleine de contraste, et on est déjà sous le charme. Après une rapide visite à l’office du tourisme (où l’on n’a eu que très peu d’informations…), on se décide à faire une petite promenade à pied sur la côte, et dans le centre ville, pour prendre l’air. On s’attendait à ce qu’il fasse froid à Ushuaïa. On n’a pas été déçus! Le vent souffle fort pendant notre promenade. Aude est gelée, et je ne fais pas le fier. Mais on est tellement contents d’être là que ça n’entame pas du tout notre motivation. On se dit qu’on est vraiment privilégiés de voir ce qu’on voit.

Un dimanche soir au bout du monde

Il est à peu près 17h30 quand on rejoint notre van. On est dimanche, et on se dit qu’on va s’approcher du Parc National Tierra del Fuego tout proche, pour demander si on peut ou non y entrer avec Hyouki. Normalement, non, mais on ne sait jamais. Comme souvent dès qu’on sort des grands axes, on emprunte une route de cailloux. Comme souvent, ça secoue. Mais on s’y est habitués. On est même confiants sur ces routes. Du coup, quand le van s’arrête en plein milieu de la route à 50 mètres de l’entrée du parc, on est surpris. Et quand lorsqu’on essaie de redémarrer et que le van refuse, on commence à s’inquiéter. Après une minute qui m’en paraît dix, le van redémarre dans un bruit étrange. Je regarde le tableau de bord : le moteur est bouillant! Le temps de me mettre sur le côté, je m’arrête immédiatement. Il est 18h, on est dimanche soir, au bout du monde, à 20 kilomètres d’Ushuaïa, et nous voilà en panne. Tout va bien! En fait, on le prend étonnement bien, en tout cas au départ. On relativise. On a de quoi manger, de quoi boire, on va tous bien.

Je me mets quand même un bon coup de pression quand je réalise que le moteur pourrait avoir trop chauffé et ne plus fonctionner. Mais Aude reste hyper sereine, elle me rassure, me dit qu’on va demander de l’aide aux gardes du parc, et que ça va aller. J’ouvre le capot et je profite d’une forte odeur de brûlé. Je regarde le moteur et je me dis à ce moment là que j’aurais dû vraiment me pencher sérieusement sur la mécanique auto. Je m’aperçois malgré tout que le radiateur goutte. Mais tout est encore bouillant. En attendant que ça refroidisse, on prend le goûter à l’arrière, et pendant cette demi-heure j’ai le temps de me faire des films en allant même jusqu’à imaginer devoir arrêter notre aventure et rentrer. Aude n’est pas inquiète, et on décide d’aller voir les gardes à l’entrée du parc pour leur expliquer le problème. L’un d’eux vient nous aider, même s’il nous dit que ses connaissances en mécanique sont limitées. On regarde ensemble, je lui montre que le radiateur goutte, et du coup il l’ouvre. On voit alors qu’il n’y a plus d’eau! Il nous recommande d’en remettre, d’attendre quelques minutes et d’essayer de démarrer pour voir comment le moteur se comporte. On suit ses conseils, et effectivement, le moteur repart. Gros soulagement!

Il nous donne l’adresse d’un garage qui pourra jeter un œil au radiateur et arranger la situation. On en profite pour demander pour l’entrée dans le parc avec Hyouki, mais il nous explique que ça n’est pas possible. On le remercie pour son aide encore une fois, et on reprend la route, en attendant d’aller au garage le lendemain et de réparer ça. Finalement, le radiateur était à peine percé, et il a suffit de colmater la fissure pour ne plus perdre d’eau. Plus de peur que de mal, on peut reprendre nos aventures!

Playa larga, rendez-vous en terre Hobbit

Puisque le parc national ne nous est pas accessible comme prévu, et que l’office du tourisme ne nous a pas vraiment aidé concernant les sentiers aux alentours, on se rend dans une agence de voyage pour y obtenir quelques renseignements sur les randonnées accessibles avec Hyouki, sur les conseils de notre Lonely Planet. On tombe sur une dame adorable, qui a elle même un chien, et qui nous recommande 3 randonnées: la balade le long de la côte du côté de Playa Larga, l’ascension du Glaciar Martial et la randonnée pour aller voir la Laguna Esmeralda. Elle n’essaie même pas de nous vendre d’excursions, elle nous dit que c’est largement accessible, et elle nous souhaite de bien profiter avec Hyouki. On tient notre programme!

Après un bon repas chaud, on se décide donc à se diriger vers la Playa Larga. On longe la côte pendant quelques kilomètres pour s’éloigner de la ville, et déjà tout est plus sauvage. Les arbres poussent de côté sous le poids du vent, les falaises sont plus abruptes. On ne croise presque personne sur la route, et on arrive à ce petit parking d’où commence notre promenade. On s’équipe : eau, matériel photo, nos papiers, la gamelle de Hyouki… Tout est prêt, et on démarre. Il faut d’abord qu’on franchisse une barrière fermée par une simple chaîne pour entrer sur le sentier. Une fois cette porte passée, nos premiers mètres se font dans la forêt, accompagnés par le bruit des vagues qui viennent se heurter aux récifs un peu plus bas. Il fait plutôt doux, et on lâche Hyouki qui va et vient. Elle avance et nous attend, comme si elle gardait un troupeau. Son troupeau. Après un bon quart d’heure, la forêt s’arrête, et on reste sans voix devant le paysage: on a l’impression d’être arrivé en pleine Comté de Tolkien.

Playa Larga Ushuaia Randonnée Sentier

On se regarde l’un l’autre avec Aude, comme émerveillés par ce qu’on vient de découvrir. On sourit et on cherche un Hobbit aux alentours. On avance, et si ici le vent souffle plus fort, on a surtout une vue magnifique sur le détroit. On poursuit notre chemin dans ce paysage d’un autre monde, en pensant aussi aux photos de la Nouvelle-Zélande que mon frère et ma belle sœur nous avaient montré après leur voyage de noces. Plus de doute, on est bien au bout du monde. Hyouki court et apprécie vraiment la randonnée. Elle nous suit, elle nous regarde comme pour nous dire que ça lui plait autant qu’à nous. Quand on descend un sentier pour approcher une crique, elle profite de l’eau du petit cours d’eau pour se rafraîchir. On est tous les trois aux anges! On marchera un peu plus de 3h au total dans ce paysage, qu’on gardera vraiment longtemps en tête.

Glaciar Martial, une randonnée qui se termine en bataille de boules de neige

Pour notre deuxième randonnée, on s’attaque au glacier Martial, un glacier qui surplombe Ushuaïa et qui offre une superbe vue sur la vallée. Avant d’entamer l’ascension, on mange ma spécialité pour tenir le coup : pâtes, crème fraîche et fromage fondu. C’est simple et efficace, et ça tient au corps quand il fait froid! A nouveau, on s’équipe et on s’assure d’avoir tout ce dont on a besoin : notre marche devrait durer presque 4h, autant ne manquer de rien. Le sentier commence fort, une longue pente à côté des remontées mécaniques qui ne fonctionnent que l’hiver. Puis quelques petits ruisseaux, un pont, puis un deuxième. Finalement on arrive devant un panneau qui nous fait douter une minute : « Glaciar Martial, Difficulta: Alta ». On connaît nos limites, et on se dit que ça serait dommage de devoir rebrousser chemin. Mais quand on voit sur le chemin des personnes de tout âge et de toute condition physique, on est rassurés. A peine dix minutes plus tard, on croise déjà un premier banc de neige. Hyouki est fan. Elle y court directement, croque dans la neige, creuse. Elle fait plaisir à voir.

Glaciar Martial Ushuaia avec son chien

On se dit qu’en haut, elle va vraiment adorer. On poursuit, et ça se corse. Ce n’est quasiment plus que de la pente, sur des chemins de cailloux qui glissent un peu. Mais la neige qu’on aperçoit et les nuages qui commencent à disparaître nous motivent et on continue. On intensifie les pauses simplement. Ça nous permet de profiter encore plus du paysage.

La neige est de plus en plus présente, et on aperçoit même d’autres randonneurs qui improvisent une luge.

T’as vu comment ils glissent? Faut qu’on essaie!

Je suis presque aussi fou devant la neige que Hyouki. Comme un enfant qui en voit pour la première fois. C’est le cas à chaque fois que j’en vois, j’adore ça. Quand on arrive en haut, il y a vraiment beaucoup de neige! On est tous les trois en extase, et ça se termine comme ça devait se terminer : en bataille de boules de neige. Hyouki saute pour essayer de les attraper, pendant qu’on se donne à fond dans cette bataille avec Aude. On finit tous les deux allongés dans la neige, tandis que Hyouki vient nous écraser comme pour demander qu’on continue. Et finalement, puisqu’on avait vu les autres glisser, je propose à Aude qu’on tente aussi! Un, deux, trois… On se lance! On glisse, on glisse, on glisse et on éclate de rire après ce moment génial, au bout du monde. On a glissé sur quelques mètres seulement, mais c’était vraiment magique!

Glaciar Martial
Une vue sur la vallée d’Ushuaïa depuis le Glaciar Martial

La descente est plus facile, et en plus le soleil commence à arriver. On décide alors de passer la soirée sur la route vers Playa Larga pour admirer le coucher de soleil. Un autre moment super, pour clore une journée riche en émotions.

Laguna Esmeralda, une randonnée facile pour découvrir Ushuaïa

Vous vous souvenez quand vous étiez petit, ce sentiment au moment d’ouvrir vos cadeaux de Noël? L’attente, avec votre chocolat tous les jours dans votre calendrier de l’avent. L’excitation le soir du réveillon, quand la table est bien dressée. Le moment où le père Noël passe, ou alors quand vous apercevez vos cadeaux le matin. Et finalement le frémissement lorsque vous arrachez le papier cadeau? Vous vous souvenez? Le sentier pour aller vers Laguna Esmeralda, c’est un peu ça. D’abord une petite promenade dans les forêts Magellaniques. Ensuite la plaine, et un premier lac pour commencer à vous émerveiller, les montagnes en fond. Vous poursuivez et vous découvrez de plus en plus de couleurs. Du vert, du jaune, du bleu, du brun, du gris…

Arrive alors un petit cours d’eau. L’eau est quasi transparente, et toujours ces montagnes magnifiques en arrière plan.

Laguna Esmeralda Sentier Rando Chien

Laguna Esmeralda Ushuaia Fin del Mundo

Vous longez le cours d’eau, et apercevez un flanc de montagne qui se rapproche. Il faut monter une dernière pente pour finalement découvrir le cadeau que la nature vous offre : la Laguna Esmeralda. Elle était juste là, contre ce flanc de montagne que vous pouviez voir depuis une petite demi-heure, mais elle est restée cachée jusqu’au dernier moment. C’est magnifique : l’eau est verte, il n’y a presque pas de vent, et le lieu est très calme même s’il y a quelques autres voyageurs. Tout le monde contemple le lac, après la longue marche. On restera presque 1h tous les trois, à simplement profiter. Une autre randonnée qui vaut vraiment le coup, parce qu’elle permet d’avoir un petit aperçu de l’identité de la région : les forêts, les cours d’eau, les plaines, les montagnes, les barrages de castors, et ce lac tellement beau. On recommande vivement!

Notre randonnée Laguna Esmeralda avec notre chien

Laguna Esmeralda Chien

Et la météo?

On savait en venant au bout du monde qu’il allait faire froid. Ça a été le cas. Les nuits sont très très fraîches, et on a dormi dans nos duvets en plus des couettes. Même Hyouki ne bougeait plus une fois sous son plaid la nuit. On savait aussi qu’il risquait d’avoir beaucoup de vent. Ça a été le cas. On a eu des journées où le vent soufflait vraiment fort. Mais les paysages sont tellement magnifiques qu’on le supporte sans problème. On savait aussi que le temps était très changeant, et qu’il ne ferait peut-être pas très beau. Ça a été le cas. On a eu des journées avec des énormes nuages, des journées de plein soleil, des nuits où il a plu, des moments où il a fait chaud… Et ça ne nous a pas dérangé, parce qu’on a toujours réussi à se promener, à profiter, à apprécier. Et que ça fait partie de l’identité et du charme d’Ushuaïa !

 

Ushuaïa, c’est un peu un trésor au bout du monde. La ville n’est pas magnifique, mais ses alentours par contre ont comme un avant-goût de paradis. On a une impression singulière quand on arpente la ville et la région. La sensation d’être vraiment à la fin du monde, de découvrir quelque chose d’unique. En une semaine, on s’est crus parfois en Nouvelle-Zélande, à d’autres moments au Canada, dans les Alpes ou en Norvège… On était simplement au bout du monde, à vivre notre aventure, tous les trois!

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À propos de l'Auteur

29 ans, passionné de photos, de nouvelles technos et de voyages, je viens du Nord de la France. Citoyen du monde (j'aime bien le terme !), j'adore le plein air, les randonnées en montagne, les promenades le long des plages... Connectés Déconnectés, c'est un projet qui me passionne dans toutes ses dimensions. Un an de découvertes, de fun et d'aventures, avec Aude et Hyouki !

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