Nous voici arrivés à Santiago jeudi 12 Novembre, sous un magnifique ciel bleu. Léonie et Mathieu, le couple de voyageurs français à qui l’on rachète le van, sont venus nous chercher à l’aéroport. Nous achetons des bouteilles d’eau parce qu’il fait très chaud et que Hyouki n’a pas bu depuis la veille 16h ; attention au code couleur habituel des eaux plates ou gazeuses, ici c’est l’inverse! Nouvelle culture, nouvelles habitudes! Voyons un peu ce que l’on va pouvoir déguster sur place!

Comme à la maison

Nous arrivons chez Javier le soir, notre hôte Airbnb. Comme il y a un match de foot transmis à la TV, c’est soirée frites et bière (sommes-nous vraiment au Chili? Avons-nous vraiment quitté la région Nord/Pas-de-Calais?). Javier et sa polola Belen partagent volontiers leur plat avec nous. Complètement crevés et assez désorientés par l’espagnol chilien (et oui ici on ne prononce que peu les « s » et ils ont un argot bien à eux quand même!), nous communiquons tant bien que mal sur notre périple. Mais on apprécie grandement de pouvoir partager un repas offert si généreusement avec des locaux. Rien de tel que la nourriture pour délier les langues!

Transition alimentaire…

Après une bonne nuit de sommeil, nous regagnons le centre de Santiago. Dans toute la ville, on découvre énormément de stands de rue. Apparemment ici, on n’a jamais faim longtemps puisqu’on croise toujours quelque chose pour acheter à boire et à manger. Cette ville devrait me plaire alors.

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Véronique, l’expat’ qui nous a grandement facilité les démarches pour l’achat du van, nous conseille une brasserie Plaza de Armas qui possède une terrasse, idéal avec un chien. On s’installe et on nous tend un menu en espagnol partiellement écrit à la main… Pas de souci! On trouve quand même! Martin commande un burger/frites (transition alimentaire en douceur) et je commande une tortilla aux légumes. Simple, efficace!  Le soir on fait quelques courses dans un supermarché à côté de chez Javier pour se préparer des sandwichs. Et bien, pas si évident! Assez peu de légumes et pas forcément très mûrs, pain de mie oblige et fromage en plastique… Pas évident de sortir de ses habitudes et de ses repères!

Ville animée et nourriture omniprésente

Pour le petit déjeuner (repas sacré), nous allons dans une sorte de boulangerie (rien n’est cuit sur place) appelée San Camilo. Du pain (de mie bien sûr), des hallullas (équivalent des muffins anglais), des beignets, des croissants fourrés, des pains au lait, des sortes de brioches à la crème, des biscuits, des muffins. Bon, on devrait pouvoir trouver notre bonheur. On commande au comptoir, on paie à la caisse qui se situe sur le côté du magasin, et on revient chercher sa commande au premier endroit. Tout en sachant que les personnes qui ont déjà commandé vous passent devant. Ca peut être long d’avoir son petit déjeuner, mais comme tout le monde est toujours souriant et que sincèrement on a le temps, peu importe que ça prenne 3 minutes au lieu de 2.
En se baladant dans Santiago, on prête de plus en plus attention à ces stands de rue : du pain frit, des empenadas, des beignets frits, des roulés frits, pas mal de malbouffe finalement. Mais on croise aussi des stands de jus de fruits frais, des étals de marché avec quelques fruits et légumes, et pas mal de boui-boui avec bonbons, barres chocolatées, meringues, et bricoles en tout genre. Ce qui fait que la ville est vraiment bien animée! Lorsque la police passe (très présente dans Santiago, que ce soit la garde montée, les cynophiles, les véhicules de police, les vélos, ou simplement ces messieurs en habit kaki qui arpentent les rues), pas mal de stands disparaissent pour revenir aussi vite. J’ai vu aussi une dame qui vendait des parts de gâteaux faits maison (queque casero) sur un simple carton (non non je n’ai pas craqué…).

Sopaipilla

Es rico!

Américanisation intensive

Bref ici, on croise toujours quelqu’un en train de manger à n’importe quelle heure. Mais nous sommes également frappés par la différence de prix entre la malbouffe et les fruits et légumes. Un sopaipilla dans la rue (sorte de galette frite avec sauce à volonté) ne coûte que 100 pesos (0,13 €) alors qu’une salade à emporter constituée essentiellement de laitue 4990 pesos (6,65 €)! Attention d’ailleurs aux pots de sauce qui accompagnent les sopaipillas ; le pot jaune pour la moutarde, le pot vert pour le ketchup (qu’on appelle ici « keptchou ») et le pot rouge pour la sauce piquante! Encore une fois, attention au code couleur, cela vous évitera de vous brûler les papilles en pensant manger du ketchup! Il y a énormément de chaînes de fast food et notamment une concentration dans ce qu’ils appellent les patio de comida : plusieurs stands de fast food qui entourent une grande salle de restauration commune.  Ici, un sundae de chez McDo c’est 0,50 €, un menu Burger King 3,50 €. Lorsque nous rejoignons le Mercado Central, on nous propose des brochettes de viande grillées, du ceviche, des empenadas, pour moins de 500 pesos (0,60 €). Vu les prix forcément, les chiliens ont tendance à se tourner vers ça, causant à priori un réel problème d’obésité. On s’est vite rendus compte aussi que notre hôte ne buvait jamais d’eau, mais que des sodas ou un sirop en poudre ajouté à l’eau. Les pâtisseries sont énormes et pleines de crème, vraiment à la manière des américains. Comment allons-nous tenir? Javier nous indique le repère des végétariens (parce que oui apparemment il y en a quand même à Santiago) : Vega Central, le marché aux fruits et légumes, où l’on a pu acheter de très bonnes fraises à 1300 pesos le kilo (1,95 €)! D’ailleurs, Javier nous explique que l’alimentation en ville est assez catastrophique comparée à celle de la campagne. A priori, il y a tellement de fast food et c’est tellement moins cher que tout le monde mange ça, alors qu’à la campagne ils auraient tendance à consommer moins gras. Coca Cola détient les marques d’eau, les paquets de chips en supermarché sont démentiels, alors que les yaourts sont quasiment tous light et que l’édulcorant est préféré au sucre dans le café…

A savoir : d’après notre hôte Javier, éviter de manger la viande vendue dans la rue et ne jamais manger ou acheter du poisson le lundi!

Les spécialités

Au Chili, l’un des plats phares c’est le completo, un hot dog garni de choucroute, ou de tomates et d’avocat (italiano).

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On retrouve aussi énormément d’empenadas, des chaussons fourrés de poulet, de fromage, de champignons, de tout en fait. On les trouve soit cuites au four soit frites.

Empanadas El Naturista

Empenadas Epinard

Martin a aussi pu goûter le churrascos con queso, un burger avec des lamelles de viande (presque type kebab en apparence) et du fromage.

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Javier nous a préparé la cazuela de pollo, des légumes avec du maïs et du poulet au bouillon. Très facile à faire et très bon! Il faut simplement faire revenir des morceaux de poulet (haut et bas de cuisse) dans de l’huile avec du sel, ajouter de l’ail haché et un oignon émincé, puis couvrir le tout avec de l’eau bouillante. On ajoute ensuite des morceaux de carotte, du piment vert (non piquant), un épi de maïs coupé en morceaux, un poivron vert en lamelles, des pommes de terre et des cubes de potiron. On couvre et on laisse mijoter 20 minutes. On peut y ajouter du riz ou des vermicelles. Quand les patates sont fondantes, déguster bien chaud!

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Javier tiene una mano de munja!

Les boissons

Côté boisson, il y a bien sûr le vin, que l’on n’a pas encore eu l’occasion de goûter. On se rattrapera quand on visitera les bodegas.

Mais pendant le free tour de Santiago on a testé le pisco sour, un apéritif rafraîchissant constitué de pisco (à priori une eau de vie de raisin), du jus de citron vert, du sucre, un blanc d’oeuf et de l’angustora bitter (les quelques gouttes orangées sur la mousse du cocktail).

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Une autre boisson que l’on n’a pas encore testée qui a été créée dans un bar de Santiago : le Terremoto (tremblement de terre) à La Piojera. Malheureusement, ce bar était fermé quand on y est allés et on n’a pas pu y retourner ensuite. Ce bar nous a été chaudement recommandé par Javier, une de ses amies qui a beaucoup voyagé en Amérique du Sud, et le guide du Free Tour de Santiago. Le Terremoto est préparé avec du vin blanc, une boule de glace à l’ananas et du fernet-branca. Javier nous explique que son nom est dû à la sensation procurée par ce cocktail, et qu’en boire un seul serait judicieux, puisque le second porte le nom de Réplique et le troisième Tsunami (à rouler sous la table!).

Ce que l’on retrouve à chaque coin de rue de Santiago, dans les parcs et près des lieux touristiques, c’est le mote con huesillos. On dirait une sorte d’ice tea très sucré, avec des pêches au sirop et du blé cuit. C’est très surprenant, et son côté très sucré redonne un réel coup de fouet après une bonne marche! On se souviendra notamment de celle sur le Cerro San Cristóbal…

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Mais aussi…

Les jugos naturales! Très rafraîchissants et finalement pas si chers pour quelque chose de sain. Ce sont simplement des cubes de fruits frais qui ont été placés au congélateur, mixés avec de l’eau ou du lait, avec ou sans sucre ajouté. On a testé ananas, mangue, framboise et orange/banane. Délicieux!

Jus Carotte & Bananes Orange

Jus Fraise

Les glaces ou helados sont très prisées par les chiliens. On retrouve des frozen yogurt (plus chers) et les glaces classiques (très accessibles). Ce qui est marrant c’est qu’ils chargent parfois tellement le cône, qu’ils le renversent ensuite dans un pot pour ne pas en perdre!

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Pour fêter l’achat de notre van, et parce que les légumes nous manquait trop, Martin m’a emmenée dans un restaurant végétarien, El Naturista. Nous nous sommes vraiment régalés, et nous avons essayé de prendre des spécialités locales. Empenada, poroto granado (haricots blancs et purée de maïs), jus de fruits frais, pebre (tomates mixées, coriandre et ahi, une épice piquante), … Un régal!

Finalement, je pense que la transition est faite. On est beaucoup plus ouverts, prêts à tout essayer (surtout Martin qui se met à la soupe avec morceaux, au brocoli et aux vermicelles pour ne pas froisser notre hôte). Mais nos meilleurs repas sont ceux que l’on a partagés avec Javier, pendant qu’il tentait, avec beaucoup de patience, de nous initier à l’espagnol et au chilien! Parce que, comme je dis toujours, c’est tellement mieux quand on partage! Es mas rico cuando se comparte!

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À propos de l'Auteur

28 ans, passionnée par les voyages, la nature et la nourriture! Pas de talent particulier à part celui d'embêter Martin ^^

2 Commentaires

  1. C’est super de pouvoir vous suivre dans ce merveilleux voyage. Les photos et les commentaires sont trés chouettes. Continuez de vivre avec bonheur cette belle aventure et de nous éblouir. Bisous à vous deux. E & G

  2. L’ américanisation alimentaire de ce pays est une catastrophe sanitaire. Dans quelques années ils le paieront le prix fort !

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