Bienvenue au Chili ! Après 14h30 de vol sur la plus longue ligne directe d’Air France dixit l’hôtesse de l’air qui était assise en face de nous, nous sommes arrivés tous les trois dans la capitale du Chili, à Santiago, pour débuter notre aventure. Une ville avec une identité forte, des habitants vraiment accueillants et des chiens partout. On vous raconte notre arrivée, nos découvertes et nos péripéties tout de suite.

Un plan qui se déroule sans accroc

L’arrivée, ça voulait aussi dire pour nous la finalisation des préparatifs et des au-revoir. Si on a pu récemment vous raconter les quelques coups de pression qu’on a rencontrés lors de ces préparatifs, on peut globalement dire qu’ils se sont déroulés sans accroc. La fin de mon contrat dans mon entreprise, l’achat du matériel, les démarches administratives… on était prêt à partir !

Après ces quelques heures de vol de nuit, nous sommes donc arrivés à Santiago dans l’optique d’acheter notre van : le véhicule qui va être à la fois notre moyen de transport avec Hyouki, et notre maison pour les 6 mois qui viennent.

Nous avons donc récupéré Hyouki (un peu fatiguée et stressée par ce long vol) et avons été rejoint par Léonie et Mathieu, le couple de Français à qui nous rachetons un Mitsubishi L300. L’avantage de ce véhicule, c’est qu’il est passe-partout puisqu’il ressemble à un utilitaire. Et aussi qu’il est déjà aménagé !

Lors de notre arrivée, tout se déroule comme prévu !

Bienvenue au Chili

Nos premiers kilomètres avec Léonie et Mathieu nous ont mené à Quilicura, dans la banlieue de Santiago. Et tout de suite, on est frappés. Frappés par la chaleur, alors qu’en France on ne dépassait pas les 10°C. Frappés par ces maisons, en bord de route, toutes entourées de grandes barrières en métal. Frappés par une ambiance où se mélangent les couleurs et la poussière et où s’entremêlent le street art et les palmiers. Surtout, frappés quand on s’aperçoit que cette chaîne de montagne gigantesque qu’on voit en fond, c’est la Cordillère des Andes, à peine voilée par le smog omniprésent à Santiago ce jour-là.

Arrivés à Quilicura, les amis de Léonie et Mathieu nous accueillent à bras ouverts : ils nous laissent entrer chez eux avec Hyouki, nous permettent de profiter du wifi pour donner quelques nouvelles à nos proches et nous conduisent même le soir dans le centre ville, chez notre hôte Airbnb Javier.

Javier Airbnb Santiago

À nouveau, on est saisis par l’accueil qu’on nous réserve. C’est soir de match, Chili-Colombie, et Javier et son amie nous proposent de partager leur repas : des frites et des micheladas (un cocktail à base de bière, de sel et d’épices). On est mis dans l’ambiance ! Même si Javier ne parle pas un anglais excellent, il fait l’effort de parler plus lentement espagnol pour qu’on le comprenne. On fait de notre mieux pour se présenter et discuter, et ils nous mettent tous les deux à l’aise.

Klaxon et cries de joie, le Chili vient d’ouvrir le score

On comprend qu’ici, le football est au moins aussi important que la religion quand, pendant qu’on promène Hyouki avant d’aller dormir, on entend toutes les voitures klaxonner et les personnes crier aux fenêtres : le Chili vient d’ouvrir le score.

Epuisés, on s’écroule le soir. Le lendemain, on a rendez-vous avec Véronique, une expat’ qui doit nous aider dans les démarches à réaliser pour acheter le van. Elle nous donne quelques tuyaux sur la ville et les Chiliens. On consacre alors l’après-midi et les jours suivants à découvrir une ville pleine de vie, chargée d’histoire (récente) et étonnante.

Entre socialisme et capitalisme

Si les constructions de Santiago ne nous ont pas vraiment marqué à cause d’une architecture spécifique, c’est probablement parce qu’il n’y a que quelques bâtiments historiques dans le centre, dû à la fréquence des séismes et jusqu’à il n’y a pas encore si longtemps, les invasions des Mapuche, le peuple indigène d’origine de la région de Santiago.

C’est plutôt le frétillement d’une ville qui ne s’arrête jamais qui nous a étonné. Une ville où les stands de rue sont omniprésents, autant que les petits spectacles lorsqu’on l’arpente : micro concerts à la guitare ou de percussions, cirques dans lequel on jongle avec son diabolo ou dans lequel on fait voltiger une jeune fille en l’air au feu rouge pour quelques pesos récupérés auprès des chauffeurs qui attendent. Une ville où à chaque coin de rue, on découvre un nouveau graff sur les murs, plein de couleurs, de vie, d’expression. Une ville où on klaxonne, où on parle très vite un espagnol dans lequel on oublie les s, où on crie pour vendre quelques bouteilles d’eau fraîche, des empenadas, des sopaipillas ou quelques paquets de cigarettes, où on prêche la parole de Jésus sur la plaza de Armas dans un mégaphone ou un micro et un ampli pour les plus aisés.

C’est aussi la segmentation des métiers qui nous a frappé. L’existence de tout petit métier, du brosseur de chaussures dans les rues à cet homme qui actionne l’ascenseur manuellement pour le faire monter et descendre. Et ce découpage entre ces employés qui prennent les commandes, les autres qui encaissent et les derniers qui exécutent. Une forme de Fordisme présente dans tous les organismes structurés qu’on a pu voir. Un mélange de l’héritage d’un socialisme d’un autre temps et du capitalisme à outrance dû à l’histoire récente du Chili et de son ex-dictateur, Augusto Pinochet.

Et ce capitalisme justement, on le retrouve dans plusieurs illustrations à Santiago. À travers la malbouffe qu’on retrouve dans toute la ville, où McDo, KFC, Burger King et d’autres petites enseignes locales du même type se côtoient aux côtés de stands de nourritures frites partout. À travers la présence hégémonique de Coca Cola et de Pepsi jusqu’au point de posséder quasiment toutes les entreprises qui commercialisent de l’eau dans le pays. Et à travers cette course folle à créer des nouveaux centres d’affaires, dont la tour Costanera Center et ses 303 mètres de haut sont l’une des représentations les plus marquées.

Des trésors et un cœur

Malgré cette présence si marquée du capitalisme, Santiago se démarque quand même fortement de ce qu’on retrouve en France ou en Europe, en témoignent ses trésors qu’elles renferment, et les relations humaines vraiment marquées.

Puisqu’on a souhaité voyager avec Hyouki, on a beaucoup marché dans Santiago. Impossible d’utiliser les transports en commun. Mais cette façon de se déplacer nous convient, et surtout, elle permet de mieux découvrir la ville.

On vous conseille particulièrement ses deux collines, les Cerro Santa Lucia et San Cristòbal. Le premier est magnifiquement aménagé et servait aux conquistadors de point de surveillance pour défendre la ville des attaques Mapuche. Le second est un peu plus sauvage, bien que largement praticable, et permet de profiter du point de vue le plus haut de Santiago, en plein centre ville. On a pu profiter du coucher de soleil pendant notre descente. Un spectacle vertigineux, qui s’accompagne de l’illumination de la ville.

On a aussi beaucoup aimé la visite guidée menée par un guide de FreeTour (la visite est gratuite, et si ça vous a plu vous êtes invité à laisser un pourboire au guide). On déambule pendant 4h en ville pour entendre son histoire, découvrir ses quelques bâtiments historiques et apprécier sa beauté au rythme des anecdotes d’un local passionné : la Cathédrale, le Palacio de la Moneda, les rues de Nueva York, Paris et Londres, les musées et l’opéra, les parcs…

Et on a surtout pu apprécier la gentillesse des Chiliens. De notre hôte Javier, devenu un ami et qui nous a finalement invité à rester quelques nuits supplémentaires en simple couchsurfing, sans payer, qui nous a fait goûter à plusieurs spécialités, et qui nous a même laissé les clés de son appartement alors qu’il partait à un mariage pour le weekend, en nous connaissant à peine. Des vendeurs, qui font de vrais efforts à chaque fois qu’on essaie de commander quelque chose avec notre espagnol largement perfectible pour parler modestement. Et des personnes croisées dans la rue, qui s’arrêtent pour nous demander s’ils peuvent caresser Hyouki, à quelle race elle appartient, et d’où on vient. Et qui nous disent quelques mots pour témoigner de leur soutien suite aux attaques terroristes à Paris le 13 novembre dernier.

Roadtrip avec un chien, tour du monde, voyage chien

Santiago pour nous, c’est donc une expérience géniale. La découverte d’une autre culture, d’une autre forme de relation à l’autre, d’une histoire récente mais chargée. C’est le début de notre aventure, et on a vraiment adoré cette ville, pour ses quelques trésors, mais surtout parce qu’on y a trouvé une forme de gentillesse et d’échanges humains essentiels à nos yeux. Une destination que vous pouvez ajouter à votre bucket-list si vous en avez une !

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À propos de l'Auteur

29 ans, passionné de photos, de nouvelles technos et de voyages, je viens du Nord de la France. Citoyen du monde (j'aime bien le terme !), j'adore le plein air, les randonnées en montagne, les promenades le long des plages... Connectés Déconnectés, c'est un projet qui me passionne dans toutes ses dimensions. Un an de découvertes, de fun et d'aventures, avec Aude et Hyouki !

2 Commentaires

  1. Bien vu l’artiste. Continue comme ça, c’est super intéressant !

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